Bonjour, ami lecteur ! Pour toi aujourd’hui, j’ai décidé de te raconter à quoi ressemble le mode de vie d’un Tokyoïte. Attention cependant, cet article ne contient pas de photos, alors si tu avais envie de voir d’autres Gothic Lolitas, c’est raté.
Commençons par le commencement. Le matin, pour se rendre au travail, tout le monde prend le métro. Alors attention, ici ce n’est pas l’anarchie comme en France : on fait la queue bien sagement devant les portes, on laisse descendre les gens avant de monter, mais… une fois que la voie est libre, on lâche les fauves ! Et vas-y que je te pousse pour vite choper une place assise, vas-y que je cours à faire renverser les mamies pour pouvoir m’adosser à un truc pour être peinard… Bref, OK, c’est l’anarchie à partir de ce moment. Un autre problème : faire rentrer tout le monde. La technique en vogue, c’est de pousser dans le tas jusqu’à ce que les portes ferment – inutile de vous dire que dans ces cas-là, il est impossible de bouger. Ça va que je suis plus grand que la moyenne, je peux au moins respirer tranquille.
Bref, une fois que tout est en place, le métro démarre, et le Tokyoïte va maintenant passer un peu le temps (en moyenne, le trajet maison-boulot dure une heure, mais ça peut monter facilement à deux). Et c’est là qu’on voit apparaître une foule de… téléphones portables. Honnêtement, ils passent leur vie à envoyer des textos ou quoi ? Outre les téléphones, on voit aussi plein de gens avec des PSP ou des DS (deux consoles portables, pour ceux qui connaissent pas). Le jeu en vogue en ce moment question PSP est Monster hunter Portable 2G (vive le nom à rallonge), et pour la DS un jeu d’entrainement cérébral mais pour apprendre les kanjis… Ya pas que les étrangers qui ont du mal avec l’écriture ici ! Deuxième petit rappel pour ceux qui l’ignorent : les kanjis sont les idéogrammes d’origine chinoise que les Japonais emploient pour écrire. Mais ils disposent également de deux autres alphabets (dans le même style que le nôtre) beaucoup plus facile. Bref, on verra ça un autre jour, pour le moment “Back to business” comme disent les anglophones. Je disais donc, dans le métro, à part les machins électroniques, on peut voir quelques rares livres (pas bien agréable de lire dans le métro, je l’accorde). Quand je dis livre, je parle de romans et aussi de mangas. Mais c’est là que c’est rigolo : alors qu’en France, seuls les plus jeunes lisent des mangas (par plus jeunes j’entends moins de 30 ans), ici tout le monde en profite. Ça va de l’écolier dans son uniforme (et de l’écolière avec sa mini-mini-mini-jupe) au salarié avec costume-cravate bien strictos. À part tout ça, il reste une des activités favorites : dormir. Et même debout ! Ils sont très forts pour ça, personne ne tombe (bon, à condition d’etre accroché, faut pas déconner). Petite mise garde cependant : si jamais vous vous asseyez à côté d’un dormeur, attendez-vous à le voir dodeliner de la tête jusqu’à la poser sur votre épaule. Un peu relou à force. Comment ? Et moi, comment est-ce que je passe le temps dans le métro ? Bah j’imite les autochtones : je joue à la PSP, au fantastique jeu Gundam SEED : Rengou VS ZAFT. Ça rox du poney ce jeu.
Bon alors, de quoi je pourrais vous parler maintenant… Ah oui ! Puisque je nous ai mis sur la voie, continuons avec cet aspect culture manga-jeux vidéo. À ne surtout pas négliger ici, c’est un réel phénomène de société. Chaque sortie de jeux vidéo un peu célèbre (comme Metal Gear Solid 4 récemment) est ultra-médiatisée (affiches géantes, opérations marketing pour vendre les consoles avec…), les produits dérivés des mangas se vendent comme des petits pains… D’ailleurs, je vous ai souvent fait part de mon petit faible pour les maquettes de Gundam – mais si, les gros robots, là, allez je vous mets une photo quand même parce que vous êtes gentils :


J’ai acheté cette petite merveille de plastique dans une des nombreuses boutiques de figurines et autres maquettes. Et bien, laissez-moi vous dire que j’étais le plus jeune à arpenter les rayons ! Je viens de fêter mes 24 printemps récemment, pourtant, mais les Japonais adorent ça à un tel point qu’ils n’hésitent pas à acheter des éditions limités de figurines ou même de “cellulos”. Que sont les cellulos ? Ce sont en fait les supports sur lesquels les animateurs dessinent leurs personnages lors de la réalisation d’un dessin animé. Ils sont ensuite mis en vente, et suivant la scène qu’ils représentent, le prix peut s’envoler jusqu’à quelques milliers d’euros. Et ce sont ceux qui partent les plus rapidement ! On termine ce paragraphe avec les meilleures “célébrités” du moment :
- Rei Ayanami et Asuka Langley, les deux plus célèbres héroïnes de Evangelion, un des meilleurs anime de tous les temps (et toujours aussi incompréhensible). Datant de 1996, il ne vieillit pas et ces deux jeune filles sont toujours indémodables. Donc pléthore de figurines. Je connais deux Guillaume à qui ça va faire plaisir
- Gundam, bien évidemment, les gros robots bien charismatiques qui blastent tout. C’est dire, des rayons entiers sont remplis de maquettes, de la plus simple à la plus compliquée. À savoir que la franchise Gundam est née il y a plusieurs décennies, mais ne s’essoufle pas.
- Un petit nouveau : j’ai nommé Lelouch Lamperouge, du fabuleux anime Code Geass. Si vous ne connaissez pas, ruez-vous dessus, ça dépote méchant.
Et quand je dis que tout le monde lit des mangas… la demoiselle qui a son bureau à côté du mien des fois en a toujours un pour la pause de midi et des fois le soir (haha rodée ! tu croyais que personne te voyait). Pas bien productif tout ça !
Bien évidemment, je dis ça mais ça bosse beaucoup. Tous les magasins sont ouverts le dimanche, une grande partie des magasins d’alimentation 24h/24 (j’ai faim, il est 3h du matin, pas de problème : allons s’acheter un truc machin). On voit également plein de gens faire des petits boulots partout (porter un pancarte, crier dans la rue pour appâter le client, etc…), ce qui est un peu déroutant la première fois. Petite chose aussi, on ne renvoie pas les gens ici, ils se rendent compte d’eux-même que l’entreprise n’est pas satisfaite d’eux et ils partent. Voilà qui n’est pas banal !
Il est aussi très courant (vu le nombre d’habitants de Tokyo) de devoir faire la queue pour rentrer dans un restaurant ou autre café. Personne ne rechigne à attendre, résultat tout le monde fait la queue bien gentiment en attendant qu’une place se libère. Il y a quelques jours, on est allés manger avec des collègues japonais dans un restaurant bien typique. Cependant, après avoir commencé à manger, ils n’ont pas été satisfaits et on a décidé de changer d’établissement (on a payé quand même, on n’est pas des sauvages). On est donc allés faire la queue devant un restaurant beaucoup plus célèbre : une heure d’attente. Rah ! Au moins, on avait faim quand on s’est enfin mis à table. Un autre endroit où on a fait la queue pour rentrer (le même jour) était un maid café. “Mais qu’est-ce donc qu’un maid café ?!” vous-entends-je scander à tout-va. Facile, prenez un café (l’établissement), prenez des maids, et hop : ça fait des chocapic un maid café ! Bon, ça n’a rien de fabuleux, on n’a pas le droit de prendre de photos (ou alors faut payer) et le seul intérêt c’est que… bah, les serveuses sont habillées en maids. C’est tout.
Ce qui m’amène à parler (superbe transition !) des multiples boutiques de déguisements pour filles que l’on peut trouver dans certains quartiers. Certes, il y a souvent une orientation sexuelle à ces rigolos déguisements, mais ici, pas de gêne ou de honte vis-à-vis du sexe, les boutiques olé-olé donnent en pleine rue et ne sont pas cachées au fin fond de ruelles sombres et sordides. Je rassure mon lectorat, l’entrée est bien entendu interdite aux moins de 18 ans. Et puis, les gens y rentrent sans problème, ce n’est absolument pas tabou. D’ailleurs, anecdote rigolote, lorsqu’on se baladait avec Brice et Julien, on est allés dans un grand immeuble de jouets. On parcourt les étages, on tombe d’abord sur une petite batmobile toute perrave qui date de 30 ans au prix sympathique de 300 000 yens (1789 €). On trouve ça rigolo, on continue notre visite et on descend d’un étage. Et on tombe… sur l’étage hentai. Bien bien bien… Ils auraient pu prévenir quand même, ça fait drôle d’avoir en face de soi, après la batmobile, des DVDs et autres mangas suggestifs (je ne parle pas des posters qui ornent les murs). Pour ceux qui sont un peu perdus, le hentai est tout simplement la version pornographique des mangas et autres animes (je ne mets pas de lien cette fois-ci, vous trouverez bien tout seul). L’étage était loin d’être désert, par contre il n’y avait pas beaucoup de femmes… Va savoir pourquoi.
Dernier petit paragraphe concernant la mode. À Tokyo, toi ami lecteur, tu peux t’habiller comme bon te semble : du plus strict (costume-cravate) au plus relax (classique jeans-baskets) en passant par le plus extravagant (bah… Gothic Lolita) au plus traditionnel (le kimono on-ne-peut-plus typique, avec bien sûr les sandales et la coiffure associées). Personne ne va se moquer de toi, même si tu es ridicule, comme les “girls” de Shibuya : grosses lunettes noires, cheveux décolorés, peau bien bronzée artificiellement, jupe toute petite, talons aiguilles super hauts, fleurs en plastique sur les ongles (si si, des petites quand même), j’en passe et des meilleures. Donc Nicolas, pas de souci, tu peux garder ta garde-robe si tu viens ici ! Et contrairement aux pays occidentaux, les critères de beauté pour un homme ici sont d’être… efféminé. Et d’avoir l’air mystérieux. Coup double pour Nicolas, encore une fois, quel chanceux !
Voilà, je termine ce long article, qui je l’espère n’a pas été trop indigeste, avec la phrase à dire en partant du boulot le soir : “osakini shitsureishimasu” (お先にしつれいします = “pardon de vous précéder”). Et là vous me répondez : “otsukare sama deshita” (おつかれさまでした = “vous êtes bien fatigué”, ce qu’il faut comprendre par “vous avez bien travaillé”).
À bientôt et amusez-vous bien !